
Toujours tiré du superbe livre « Des têtes bien faites: Défense de l’esprit critique« , le chercheur en sciences cognitives Nicolas Gauvrit (citant les travaux de Man-Pui Chan et ses collaborateurs de l’université de l’Illinois) nous propose trois recommendations pour démystifier (debunk) les idées fausses :
D’abord, éviter les situations qui pousseraient les interlocuteurs à développer des arguments en faveur de leur hypothèse – cela suppose notamment d’éviter les arguments adverses, même pour montrer qu’ils sont faux, sauf si on le précise avant de les énoncer. Ensuite, favoriser à l’inverse la réflexion sur le message que nous voulons faire passer. Cela signifie qu’il faut être précis, donner des détails et encourager la critique et la réflexion de l’interlocuteur. Enfin, apporter de nouvelles informations, correctes et inconnues de l’interlocuteur… tout en gardant en tête qu’on ne peut guère espérer d’effet spectaculaire dans cette lutte ardue contre les idées fausses…
Comme on peut le voir, il n’est pas simple de s’attaquer aux croyances fausses. Cela nécessite une bonne compréhension psychologique du phénomène. Je note surtout le besoin d’éviter les arguments adverses. Dans ce contexte, se pourrait-il que les médias qui ont déployé des journalistes « debunkers » de fausses nouvelles fassent fausse route en leur donnant une exposition supplémentaire?






